Mise à jour : 2011-10-08

Georges GUÉTARY en ses DISQUES :
2011

CD1 :
Genèse et éclosion
antho_DLallemand CD2 :
La consécration
CD3 : SÛRE NAVIGATION DANS LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Disque 3 : 1954-1960.

Contenu Commentaires
TITRES Auteurs
Compositeurs
Dates
1.
RELAXEZ-VOUS
Fernand Bonifay
Arthur Schwartz
1956
2.
ON N'AIME QU'UNE FOIS
Jacques Larue
Willy Mattes
1955
3.
DE L'OR, DE L'OR
André Hornez
Johann Strauss
1954
4.
RICHE À MILLIONS
Eddy Marnay
Emil Stern
1956
5.
DOMANI
Eddy Marnay
U. Minucci
1957
6.
DITES-LUI
Géo Koger
Loulou Gasté
1956
7.
LE PREMIER MATIN
(True Love)
Pierre Delanoë
Cole Porter
1957
8.
PARIS EST UN ACCORDÉON
Jacques Dutailly 1956
9.
ANDALUCIA
René Rouzaud
Enrique Granados
10.
PACIFICO
Robert Chabrier
Jo Moutet
1958
11.
JE SUIS UN VOLEUR
1957
12.
VÉNUS
Jean Broussolle
Ed. Marshall
1959
13.
J'AURAIS VOULU DANSER
Pierre Delanoë, Jacques Plante

A.J. Lerner, F. Loewe
14.
L'AMOUR EST DANS TA RUE
15.
LES ENFANTS DU PIRÉE
Jacques Larue
M. Hadjidakis
1960
16.
NOTRE CONCERTO
Jean Broussolle
Umberto Bindi
17.
BANJO BOY
Jean Broussolle
Niessen
18.
KALINKA
André Salvet,
Jacques Datin

André Popp
sur un air du folklore

1954-1960 :
NAVIGATION dans le TYPHON
de la NOUVELLE GÉNÉRATION

Le choix de Relaxez-vous en ouverture de ce troisième CD justifie peut-être pourquoi il n'a pas sa place chronologique : son sujet, sa rythmique, son origine, donne, avec un rattachement jazzé au succès international de Un Américain à Paris du CD précédent, le "la" d'ailleurs en continuité avec le CD précédent : l'Amérique est toute présente, source de la naissance implacable du renouveau européen en la matière, et des "fifties" et "sixties" très particulièrement (v.fiftiesweb)
Et la perspicacité de Dany Lallemand montre ainsi combien Georges Guétary sut, comme il le dit lui-même, "mener sa barque" pour, au minimum, se maintenir à flot : ne pas se muer en banal caméléon suiveur tout en ne s'obstinant pas dans le demeuré.

Ainsi, durant que le cinéma et l'opérette le tiennent et le maintiennent créateur pratiquement sans concurrence (2, 3, 6,10), durant qu'il continue par cette voie d'affirmer son identité de chanteur à voix et rappelant sa formation et son attrait classiques (9), et tandis que s'impose le courant des auteurs-compositeurs-interprètes privant les interprètes purs de possibilités de créations, il recrée en français des emprunts dans son ton à ces "States" tant prisés par la nouvelle génération. Gardant par-là la fidélité de son public, il le conduit doucement vers d'autres horizons que ne nie pas nécessairement la nouvelle génération qui saura le reconnaître d'ailleurs et l'admettre parfois en son cercle, ce que ne montre pas ce CD dont le but était, rappelons-le, de transmettre l'identité toute particulière de Georges Guétary.

Soulignons enfin que NOTRE CONCERTO et BANJO BOY concluent très heureusement cette anthologie puisque ces titres n'ont jamais été repris en CD, et que le deuxième quasi publiquement ignoré, a valeur concluante dans la courbe thématique de Georges Guétary ainsi que le dégage l'étude GEORGES GUÉTARY, LANGAGE DE L'IMAGE en son quatrième chapitre de la première partie, "LES IMAGES THÉMATIQUES"*.

——
Pour revenir au regret excédé des fidèles de longue date de tomber sempiternellement sur des titres tant de fois communément repris, sous-titré "1937-1960" laisserait-il entendre un projet "1961-1997" qui satisferait cette attente de quelque 300 titres ?

.

«Clic-clac, ma chanson est finie !», aurait pu conclure Georges Guétary ainsi que le faisaient jadis les conteurs  :
«Car tout est dit et bien dit après avoir été repris, autrement dit, contredit, plus précis —et plus vrai aussi— : en même temps qu'ils se rejoignent, Héros et antihéros se distinguent : tandis que l'un s'évapore sans être mort dans le passé mythique —donc en éternité— en horizon vaporeux dans lequel s'éteint la voix accrochée aux pas, au sol [Pecos Bill, héros dont il vient d'être question avant cette conclusion], l'autre s'affirme fort, comptant sur lui, ancré au sol en voix renforcée et ferme; il n'est plus quelconque misérable ni velléité d'image, et trait d'union, le cheval l'accompagne, resté cependant auxiliaire du héros. Respectée sinon déifiée, la femme inaccessible au héros est appui et procréation liée à la terre que frange la rivière des appels. [Venant après Pecos Bill, Roselise, élevant l'antihéros à l'égal du héros]

«Clic-clac, redéfinie l'Image Guétary ?


«Après s'être retiré dans le decrescendo des tambours en cavalier parmi les autres rêvant des siens, après s'être dissous dans la brume crépusculaire en Pecos Bill éternel revenant, voici encore qu'il émerge, dans l'aube, métamorphosé Banjo Boy.

«Comme si la nuit l'avait autrement ressourcé.

«Car ne serait-ce lui vraiment, originellement l'homme de nulle part ?

«Lui qui nous aurait raconté des histoires, lui finalement, lui essentiellement troubadour vagabond ?

«Lui ici présenté sans les défauts du premier puisque la femme n'y est pas méprisée, puisqu'il ne souffre pas non plus ainsi que le Pauvre gaucho pleurant incessamment son amour perdu, pas plus qu'il n'est pleuré par une mère dans le Bar des adieux :

«La petite ville qui sommeille,
«Tout là-bas au fond du Tennessee,
«Tout à coup s'agite et se réveille :
«De la rue monte une mélodie.
«Un banjo sous son bras,
«Soudain le voilà,
«Banjo Boy, Banjo Boy,
«Qui s'en va, les pieds nus,
«Tout le long des rues
«En chantant à pleine voix.
«Et ses doigts
«Qui grattent, grattent, grattent, grattent
«La peau de son vieux banjo
«Font la joie
«Des passants qui passent, passent, passent,
passent,
«Tandis que là-haut,
«De maison en maison,
«Jusqu'à l'horizon,
«On entonne sa chanson :
«Lalala, lalala,
«lalalalala,
«Banjo Boy, Banjo Boy,
«Lalala, lalala,
«lalalalala,
«Banjo Boy, lalala
«Les oiseaux, dans le ciel,
«Vont jusqu'au soleil,
«Chanter sa jolie chanson,
«Lalala, Banjo Boy.»

Mais ce Banjo Boy est "il", donc pas Guétary…
Voire ! Car le voici qui s'associe à lui, Guétary, lançant en écho :

«Je suis le vagabond,
«Le marchand de bonheur,
«Je n'ai que des chansons
«A mettre dans les cœurs, …»

Ou mieux, son siamois, le marchand d'oranges de la Place de Murcie puisqu'il prit épouse, et continua, chantant, à faire rêver, mû par une inlassable dynamique.
Et plus d'instrument de quête, et plus de quête même, quand le banjo seul compagnon n'est plus que voix non de conquête mais de don —don de joie… don de soi.

——
PIETERS, Louis,
GEORGES GUÉTARY, langage de l'Image
,
Paris, Le Manuscrit, 2009,
pp. 175-177

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mise à jour le 8/10/11

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